Extrait du livre de Thomas d’Ansembourg, co-écrit avec David Van Reybrouck, “La paix ça s’apprend : Guérir de la violence et du terrorisme.”

Premier plan : une meilleure connaissance de soi.

Travailler la paix aide à :

– Apprendre à identifier les différentes parties de soi afin de bien les connaître et de savoir comment les concilier, les réconcilier et ne pas être submergé par une partie qui prend le pouvoir en étouffant les autres;
– Apprendre à se pacifier soi-même – cette faculté est indispensable pour pacifier sa relation à l’autre, la plupart de nos conflits extérieurs étant surtout le reflet de conflits intérieurs inconscients;
– Développer une juste estime de soi : ni timidité inhibante, ni ego hypertrophié;
– Développer son intelligence émotionnelle – donc sa capacité à gérer ses émotions et à en faire bon usage : notamment apprendre à utiliser la puissance de la colère, de la peur comme de la joie, pour se transformer et transformer notre écosystème relationnel.

Nous avons besoin d’apprendre à prendre régulièrement du temps de présence à soi. Il est indispensable de ne pas laisser des cocottes­ minute d’émotions non traitées monter en pression jusqu’à explosion ou implosion, et de ne plus accuser l’autre d’être la goutte qui fait déborder son vase intérieur. Nous aurons également besoin de développer notre aptitude naturelle à la gratitude : voir et célébrer ce qui est, ce qu’on a et vit plutôt que de s’en plaindre. La gratitude est la vigoureuse vitamine de la relation à soi, à l’autre et à la vie, comme le prouvent aujourd’hui les recherches faites en Psychologie Positive.

Deuxième plan : une meilleure expression de soi-même.

Travailler la paix aide à :

– Apprendre à s’exprimer avec sincérité et bienveillance en toutes circonstances, ne plus se compromettre en mensonges (même pieux) ni faux-fuyants, refuser de s’abaisser à l’agressivité, transformer les non-dits/mal-dits;
– Accepter les conflits et apprendre à les traverser de façon « gagnant-gagnant »;
– Savoir s’exprimer avec vigueur sans violence;
– Faire les deuils nécessaires pour pouvoir avancer avec légèreté et confiance sans ressassement du passé, pouvoir faire des choix joyeux, en assumant les renoncements nécessaires, sans regrets.

Pour vraiment bien communiquer, il est urgent d’apprendre à renoncer à la prétention d’avoir raison, source de tant de tensions. Marshall Rosenberg rappelait volontiers : « Nous avons un choix fondamental dans l’existence : être heureux ou avoir raison. »

Troisième plan : une meilleure empathie vis-à-vis de l’autre.

Travailler la paix aide à :

– Savoir écouter l’autre sans craindre sa vigueur quel que soit son ton;
– Développer le respect profond et sincère de l’altérité, même et surtout si nous ne sommes pas d’accord ; ne plus penser « Je te tolère, mais ne me dérange pas … » mais  » Je t’accueille, et on va chercher comment s’entendre »;
– Développer notre capacité d’empathie et de respect pour l’autre tel qu’il est et non tel que nous rêverions qu’il soit;
– Apprendre à ressentir ce que l’autre ressent avant de lui répondre;
– Perdre l’habitude de vivre les relations à l’autre comme des rapports de force (avec l’addiction à l’affrontement qui en résulte) et apprendre à chercher le point de rencontre et de collaboration;
– Privilégier la relation avant le résultat.

Quatrième plan : un meilleur rapport à la vie.

Travailler la paix aide à :

– Pacifier son rapport au temps et l’intégrer comme un ami, un allié sans lequel nous ne pouvons rien faire et qui nous permet même la réalisation de nos projets;
– Nourrir son inspiration, sa créativité, sa fantaisie pour savoir comment « mettre le meilleur de soi au service de tous », savoir inventer de nouvelles façons d’être soi, d’être au monde, d’être en couple, d’être parent, de gérer ses affaires, de traiter son rapport à l’argent, etc.;
– Retrouver du sens à la vie, ainsi que la sensation évidente d’appartenir à un monde vivant dans lequel non seulement il y a place pour chacun, mais où chacun est invité à apporter sa note ou sa couleur;
– Respecter le vivant sous toutes ses formes, et donc la planète et ses ressources.

C’est en développant une vision de ce qu’on veut vivre et une volonté de mettre petit à petit en place les apprentissages que la paix pourra être atteinte. Toutefois, cette démarche n’est pas qu’individuelle, elle est aussi collective. Une culture de paix, cela se crée en soi et ensemble.

Le site officiel de Thomas d’Ansembourg : www.thomasdansembourg.com

Thomas d’Ansembourg a exercé la profession d’avocat au Barreau de Bruxelles pendant cinq ans et travaillé dans une entreprise internationale comme conseiller juridique pendant dix ans. Parallèlement il s’est engagé, pendant dix ans également, en tant que responsable-animateur bénévole d’une association d’aide au jeunes en difficultés. Devenu psychothérapeute et formateur certifié en CNV (Communication NonViolente) en 1995, il propose depuis plus de vingt ans un travail de connaissance de soi, de démantèlement des pièges de l’ego, d’écoute et d’empathie permettant d’apprendre à mettre le meilleur de soi au service de tous.