La pyramide de guérison intègre toutes les modalités de guérison que la terre peut nous offrir grâce au pouvoir de notre cœur ouvert et au pouvoir du ciel, l’amour divin. À mesure que nous faisons l’ascension de cette pyramide, nous allons vers la santé spirituelle et le bien-être. Dans un processus de lâcher-prise, ce modèle de guérison inclut la force du ciel au sommet, la force de la terre à la base, et le chemin du cœur au milieu.

pyramide (2)

Dans cette pyramide, nous voyons l’énergie du ciel descendre par le sommet sous forme d’amour, tandis que la pesanteur nous tient ancrés sur la terre.
Par sa structure, la pyramide offre un contact étendu avec la terre, grâce à la force de gravité. En même temps, elle s’élève vers le ciel, s’étendant vers le haut et vers l’extérieur en direction des vastes espaces au-delà. Chaque plan horizontal pénètre celui qui est en dessous et celui qui est au-dessus. Le sommet de la pyramide est un point dans l’espace.
À chaque niveau de la pyramide, en allant de bas en haut, il y a de moins en moins de sol et de plus en plus d’espace. Ce modèle peut convenir à notre situation : maintenus à la terre par la pesanteur tandis que l’amour divin du ciel emplit l’espace autour de nous.
La pyramide est aussi un modèle qui convient pour décrire le processus par lequel nous changeons de demeure depuis les limites du « petit film » vers l’espace infini de l’essence. Accomplir cette transition est la tâche de toutes les religions et de toutes les traditions spirituelles. Faire ce chemin jusqu’à la liberté constitue aussi le fondement de ma vision de la santé et de la guérison.
Comme vous pouvez le constater sur la figure, ce modèle est divisé en quatre parties. Si vous êtes déjà monté sur une pyramide, vous savez qu’il est plus facile de voir la partie de la pyramide en dessous de vous, que celle au-dessus. Plus vous montez, plus vous pouvez voir une grande partie de la pyramide, et plus la partie que vous ne voyez pas bien, vers le sommet, vous paraît petite. Les niveaux de la pyramide de guérison sont ainsi. Nous pouvons très bien connaître le niveau de la terre et n’avoir jamais pris conscience de l’existence des trois autres niveaux – même s’ils sont évidemment toujours là. Cependant, à mesure que notre conscience s’étend aux trois autres niveaux, nous découvrons que notre expérience sur le niveau terrestre s’enrichit.

Niveau terre

C’est le niveau de toutes les techniques et méthodes de guérison. C’est le « puits » dans lequel nous plongeons lorsque nous avons besoin d’aide.
À ce niveau, nous nous occupons activement de faire des tas de choses pour améliorer notre santé. Nous consultons des praticiens de différents types de tradition, de l’allopathie à l’homéopathie, en passant par l’ostéopathie et l’usage des huiles essentielles ou la médecine chinoise. Toutes ces traditions sont égales quant à leur efficacité. Ce niveau inclut aussi les régimes alimentaires, l’exercice physique, la médecine des plantes, la médecine ayurvédique, et de nombreuses autres approches.
Au niveau de la terre, le choix de la méthode de soin et la responsabilité de la guérison sont entre les mains d’un tiers – le médecin de famille ou autre. Nous suivons l’avis des amis, des parents, des alliés et des thérapeutes : nous confions notre corps à quelqu’un d’autre.

Niveau cœur 1

Au niveau suivant de la pyramide, nous nous émancipons. Au lieu d’aller directement voir nos médecins habituels, nous faisons un tour d’horizon de toutes les traditions de guérison et choisissons les modalités qui semblent les plus appropriées à notre état. Bien sûr, nous sommes assez sages pour savoir qu’un chiropracteur ne guérira pas une éruption cutanée, ou qu’un herboriste ne remettra pas les os et les articulations en place. À ce niveau, nous utilisons notre intuition, la connaissance que nous avons de nous-mêmes pour choisir un praticien. Nous reconnaissons que la guérison doit se produire intérieurement et venir de l’intérieur. Quel que soit le praticien que nous choisissons, il ne peut que faciliter ce processus. Même le plus doué des thérapeutes ne peut nous aider si nous ne voulons pas guérir.
Si notre conscience s’ouvre à ce niveau de responsabilité de soi, nous rechercherons des moyens d’engager pleinement notre énergie innée de guérison. Nous avons toujours le même choix de méthodes, mais notre approche est plus interactive. Nous sommes plus émancipés, plus responsables. Nous cherchons un thérapeute qui soit aussi responsable – quelqu’un qui traite les personnes, pas seulement les symptômes. Nous avons assez confiance en nous-mêmes pour laisser notre intuition guider, depuis un point d’équilibre, notre choix.
Faire confiance à notre intuition ne signifie pas nécessairement qu’à ce niveau les méthodes « intuitives » de guérison prennent le pas sur les approches mécanistes. Tout dépend de la situation. J’ai travaillé quelque temps en Argentine. Là, un de mes amis avait une valvule artificielle. Depuis le remplacement de la valvule (par des maîtres de l’art chirurgical), il avait commencé à aller voir un curandero, une sorte de guérisseur par la foi, qui aimait se dire chirurgien psychique. Le curandero avait aidé cet homme à traverser de grands troubles émotionnels et physiques, et mon ami avait une grande confiance en ses méthodes « magiques » de guérison. Lorsque le malade recommença à s’affaiblir, il me parut évident, ainsi qu’à son médecin traitant, que la valvule artificielle ne fonctionnait plus correctement et qu’il fallait repasser dans le bloc opératoire. Pourtant, il refusa d’envisager une autre intervention et une nouvelle valvule. Le curandero promit qu’il pourrait arranger ses problèmes avec de la « chirurgie psychique », et je l’ai observé pendant qu’il étalait un onguent sur sa poitrine et semblait y plonger ses doigts et ses mains. Le curandero était convaincu qu’il avait arrangé la valvule, et mon ami montra un regain d’énergie pendant un jour ou deux. Alors qu’il était sur le point de retourner chez le curandero pour un traitement complémentaire, je l’ai convaincu de demander l’avis d’un cardiologue, ce qu’il fit. Finalement, il reconnut que l’intervention chirurgicale était ce qu’il y avait de mieux à faire. Il était temps : quelques jours d’hésitation de plus et il était mort !
Bref, à ce niveau de la pyramide, notre trousse à outils inclut tout ce qui appartient au premier niveau, que la médecine officielle connaît bien, mais complétée par un premier sens de la responsabilité et un désir d’émancipation.

Niveau cœur 2

A ce niveau, nous considérons notre condition avec compréhension, compassion, pardon et amour. Nous reconnaissons que d’une certaine manière nous sommes responsables de notre situation, que nous en contrôlions ou non la cause. Par exemple, il se peut que nous soyons nés avec une anémie congénitale, ou que nous souffrions d’emphysème à cause de la fumée des cigarettes que fume un tiers. Quelle que soit la cause, à ce niveau nous devons laisser se dissoudre la culpabilité, le reproche ou la honte que nous éprouvons. Nous devons apprendre à accepter et à supporter la cause de la maladie. Cette acceptation transforme en pardon et en compassion toute la négativité que nous pouvons ressentir. Dans le silence du cœur qui s’ensuit, la douceur émerge. Nous nous acceptons tels que nous sommes et nous nous déployons dans l’amour et l’attention.
Nous acquérons le pouvoir de nous guérir nous-mêmes. Nous choisissons de travailler avec des thérapeutes qui sont reliés à leur propre énergie de guérison et qui peuvent nous aider à éveiller la nôtre.
À ce niveau, les outils de guérison regroupent ceux des niveaux précédents ainsi que l’attention aimante, la compassion, l’acceptation et le pardon.

Niveau ciel

L’attention aimante envers nous-mêmes est le chemin de la maîtrise en matière de guérison : c’est le haut de la pyramide. Là, le soi fusionne avec le divin, l’amour du moi devient l’amour de l’âme, de l’âme tout entière. Lorsque nous atteignons le niveau supérieur de la pyramide imaginaire, lorsque nous sommes parvenus à nous aimer nous-mêmes, nous atteignons une cohérence du corps, de l’âme et de l’esprit, c’est-à-dire la cohérence de l’identité essentielle.
La bienveillance devient amour divin, inconditionnel et embrasse tout. Elle entre dans notre cœur ouvert. Nous sommes à même de répandre la force lumineuse et curative de cet amour pour les autres comme pour nous-mêmes. Nous ne craignons plus de souffrir et avons la volonté de « prendre » la souffrance d’autrui. Nous nous sentons responsables, non seulement de nous-mêmes mais aussi d’une plus large communauté.
Sa Sainteté le seizième Gyalwa Karmapa, chef spirituel de l’une des quatre lignées du bouddhisme tibétain, est mort victime d’un cancer de l’estomac en 1982 dans un hôpital de l’Illinois. Les médecins et les infirmières qui avaient pris soin de lui étaient étonnés par sa gentillesse et sa gaieté malgré l’atroce douleur qu’il éprouvait. Vers la fin de sa vie, un de ses élèves lui avait posé des questions au sujet de la mort, il lui avait répondu : « Ne t’inquiète pas, il ne se passe rien. » Cela illustre la vision que l’on a depuis le niveau du ciel de la pyramide.
À ce niveau, nous avons une certitude, une paix et un amour qui dépassent tout. Il devient évident que nous sommes en voyage – vers l’aimé, vers le divin, vers la source de notre essence. Nous faisons un avec nous-mêmes, avec les autres, avec notre environnement – en fait, avec la vie entière – et cela est la source vive de toute guérison. Nous nous réveillons chaque matin reconnaissants envers la vie, envers la conscience, et envers toute chose, même petite, qui emplira la journée à venir. Nous nous éveillons dans le bien-être.
À ce niveau, les modalités de guérison incluent toutes celles qui sont disponibles aux autres niveaux, renforcées non seulement par l’auto-responsabilité mais aussi par l’amour divin. De plus, nous connaissons la communauté, l’altruisme, la claire vision et les relations directes.

Exercice Escalader la pyramide
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Dans un endroit tranquille et reposant, allongez-vous sur le sol ou sur la terre et imaginez qu’une pyramide ancienne comprenant toute la sagesse du ciel et de la terre se tient au sommet de votre tête. À la base de la pyramide poussent des arbres, des racines, des herbes et des fleurs qui contiennent toute l’énergie de guérison de l’univers. Au niveau de la terre, imaginez toutes sortes d’êtres humains illuminés dont la mission est d’aider les autres à découvrir leur unité et leur bien-être fondamentaux.
Maintenant, escaladez la pyramide. Frayez-vous d’abord un chemin parmi la faune et la flore. Imaginez que vous contournez avec précaution tout ce qui pousse, faisant attention à ne pas faire bruisser les feuilles ou les fleurs. Parce que vous êtes respectueux de ces entités de guérison, elles rayonnent en retour et envoient dans votre cœur des rayons de couleurs vives et d’énergie bienfaisante.

À présent, vous êtes au premier niveau de la pyramide. Montez les marches. La voie est bordée de soignants de toutes les races, de toutes les religions et de toutes les confessions, qui vous accueillent avec chaleur et lumière. Ce sont des médecins, des infirmières, des homéopathes, des acupuncteurs, des techniciens des rayons X, des dentistes, des masseuses, des praticiens de danse-thérapie, des prêtresses, des chamans … Chacun a un cadeau guérisseur qui devient vôtre si vous êtes ouvert à lui.
Maintenant, vous vous trouvez au deuxième étage de la pyramide. Ici, vous ressentez l’amour de tous les soignants du premier niveau (au-dessous) comme une force lumineuse qui vous pousse en avant. Vous êtes inondé par la bonté des êtres humains. Cela éveille en vous le souhait que les autres aillent bien aussi. Vous prenez conscience qu’à tout moment vous avez le pouvoir de profiter de la force et de l’énergie de l’esprit humain. Votre cœur contient la sagesse et sait quel type d’énergie est pour vous le meilleur.

Vous vous trouvez à présent au troisième niveau de la pyramide. Là, vous ressentez que votre cœur est grand, étincelant et translucide comme un morceau d’or qui contient tout ce dont vous avez besoin pour être en bonne santé, sain et utile. Ce morceau d’or vous emplit d’une énergie lumineuse qui se transforme en une douceur vibrante et en bienveillance. À ce niveau, vous vous imaginez absolument parfait en tant qu’être spirituel, et en même temps vous vous pardonnez à vous-même de vous voir comme n’étant en rien divinement entier.

Vous vous trouvez maintenant au niveau supérieur de la pyramide. En regardant vers le bas, tout ce que vous percevez est chaleur, vibration et lumière dorée. En regardant vers le haut, tout ce que vous percevez est lumière dorée, chaleureuse et joyeusement vibrante. En vous regardant, vous découvrez qu’il n’y a plus personne. Imaginez maintenant que la lumière d’amour à la base de la pyramide et celle du sommet fassent un, et que ce un soit vous. Ressentez-vous comme une lumière dorée, fluide, qui fait un avec le tout unifié de l’univers. Imaginez que vous contenez toutes les modalités de guérison disponibles et que vous les répandez vers les autres.
Ressentez le sol ou la terre sous vous. Concentrez la lumière de la pyramide que vous avez visualisée dans votre esprit et votre cœur, et imaginez qu’elle rayonne le plus loin possible dans le cœur et l’esprit des autres.

Source : Extrait du livre « Qui croyez-vous Être ? » du Dr Carlos Warter.

Psychiatre américain d’origine chilienne, Carlos Warter a mis au point un mode d’introspection éclairant de manière provocatrice la première des questions philosophiques : « Qui suis-je ? »

En effet, qui êtes-vous ? Que vous croyiez, comme nous l’enseignent de nombreuses spiritualités, que chaque être détient au fond de lui une étincelle divine, ou que vous n’y croyiez pas, vous avez certainement connu des moments où vous vous êtes senti habité par « bien plus que vous-même ». Mais comment se fait-il que cet état extraordinaire, cette « essence » tout à fait remarquable, cette étincelle divine qui vous anime, ne se manifeste que si rarement ?

Refusant le jugement fort répandu, religieux ou psychanalytique, d’un péché originel, d’une faute initiale, d’une névrose de naissance qui atteindrait chaque être humain dans son essentiel, Carlos Warter rappelle qu’au coeur de chaque homme ou chaque femme palpite un noyau inattaquable, invulnérable, lumineux, qu’il nous est possible de dévoiler à tout instant pour accomplir notre vie dans un bonheur naturel.