Evoluer, c’est déjà reconnaître l’autre, reconnaître l’autre sur un plan humain comme sur un plan spirituel, reconnaître l’autre avec ses efforts, son travail, ses attentions, son amour.

Evoluer, c’est se reconnaître, se reconnaître non pas en tant qu’être avec une valeur intrinsèque définitive, car vous n’avez cours sur un plan de valeur personnelle qu’autant que cette valeur personnelle pourra être utilisée pour servir à d’autres.

Evoluer, c’est savoir se reconnaître en tant que cette valeur agissante, c’est savoir s’abstraire de soi.

Evoluer, c’est oublier sa petite tranquillité et l’exigence des moments que l’on veut passer dans une communion de vie qui, malheureusement, ne peut plus avoir cours quand est nécessaire une communion de pensées avec des êtres désemparés.

Evoluer, c’est savoir faire siennes ces qualités définitives qui sont la base de tout chemin d’évolution : l’humilité, la simplicité, la gentillesse, la sincérité, le travail, l’action, le courage, la foi, la tolérance, la prévenance, l’Amour ; c’est savoir sortir de soi-même pour aller vers l’autre, agir et se transformer.

Evoluer, c’est savoir accepter des tâches, même si elles semblent les plus difficiles et les plus pénibles, sans sentiment de dévalorisation.

Evoluer, c’est savoir, à son tour, faire les tâches les plus humbles pour participer à l’action totale.

Evoluer, c’est refuser de s’isoler, refuser de s’abstraire ; c’est retrouver un pôle d’intérêt dans le travail et dans les efforts des autres, participer à ces efforts et à ce travail sans se lasser, sans discontinuer, même si la fatigue écrase.

Evoluer, c’est se transformer, et sachez que vous vous transformerez si vous savez faire vôtres ces préceptes de travail intérieur sans quoi vous ne pourrez rien réaliser. Bannissez le mensonge, bannissez la duplicité.

Evoluer, c’est savoir accepter la remarque – quelquefois le reproche – non pas dans la révolte en se jugeant blessé, en se jugeant persécuté, mais savoir accepter la remarque ou le reproche comme des éléments déclencheurs d’un processus d’amélioration à travers l’analyse.

Evoluer, c’est déjà savoir analyser, car sans analyse vous ne pourrez rien, sans réflexion vous ne pourrez rien.

Evoluer, c’est donc chercher l’opinion de l’autre pour mieux comprendre son problème, c’est accepter ce que l’autre dira, accepter le conseil même s’il blesse, car, souvenez-vous : « le flatteur qui vous perd est toujours mieux accueilli que l’ami qui vous sauve en vous désapprouvant … »
Sachez que l’amitié vous « critiquera », que l’amitié vous conseillera, que l’amitié vous aidera, peut-être à travers des remarques ou des reproches, mais jamais l’ennemi, car l’ennemi vous flattera, vous encensera ; seul l’ami sincère saura vous dire des vérités que souvent vous refuserez, que vous accepterez mal.

Evoluer, c’est accepter ces vérités, les garder, les analyser, les méditer, les comprendre, parce qu’à travers elles, vous verrez et vous comprendrez que l’être que vous voyez dans le miroir, en face de vous, n’est qu’un être que vous avez paré des plumes du paon. Retirez ces plumes une à une, et demandez à l’ami qui est près de vous de vous aider à les arracher. Alors, vous vous retrouverez nus, face à vous-mêmes …

Evoluer, c’est ne pas chercher à camoufler sous un fard épais la pâleur de son visage, pâleur née de la honte ou des regrets, car il ne sert à rien de se leurrer …

Evoluer, c’est apprendre à faire la part de l’indiscrétion et de la délicatesse, de l’élan et de l’indifférence.

Evoluer, c’est échapper à la gangrène qui ronge une âme …

Source : « Quand le Ciel parle … » de Marcelle Olivério.